Le chef de l’État libyen rêve d’une démocratie sans l’extrémisme.
Mohamed Youssef el-Megarief, président de l’Assemblée nationale, a été élu en août chef de l’État libyen par le Parlement. Samedi 22 septembre, il a ordonné la dissolution de toutes les milices. Cet opposant de toujours à Kadhafi, expert-comptable de formation et américanophile, a déjoué au moins dix attentats de la part des sbires de l’ancien régime.
Le Point : Comment expliquez-vous l’assassinat de l’ambassadeur américain et de ses collaborateurs à Benghazi, le 11 septembre ?
Mohamed Youssef el-Megarief : Avant de répondre directement, je souhaiterais qu’on sache que toute la Libye est en deuil après cette tragédie. Plus de 95 % des Libyens condamnent cet assassinat. Mais je pense aussi qu’il ne va pas altérer les relations américano-libyennes, car les États-Unis savent que les Libyens ne cautionnent pas ce genre d’acte. C’est un pays ami, et il le restera. Les personnes qui ont commis cet acte seront jugées et sévèrement punies. Je m’y engage devant l’opinion publique internationale.
On a parlé d’un acte prémédité, c’est aussi votre avis ?
Cet attentat a, semble-t-il, pour origine la mort d’Abou Yahya, un leader, d’origine libyenne, d’un groupe terroriste lié à Al-Qaeda et qui a été tué au Pakistan. Pour les auteurs de l’assassinat de l’ambassadeur américain, il s’agirait d’une vengeance. Le film anti-islam et blasphématoire n’a été qu’un élément déclencheur. La date n’a d’ailleurs pas été choisie au hasard : il s’agit bien d’un attentat planifié par Al-Qaeda. Il n’y a de toute façon aucune justification à ce genre d’action. L’islam n’a rien à voir avec ces gens qui le détournent. J’espère que l’opinion publique ne fera pas d’amalgame entre notre religion et ces crimes horribles. L’islam n’a jamais prôné la violence. Ceux qui s’en réclament pour commettre des attentats ne respectent absolument pas cette religion.
Sihem Souid