Sihem Souid, une femme.

Je ne saurais pas dire quand exactement a commencé mon combat contre les injustices. J’ai toujours mal-vécu la souffrance d’autrui, sa négligence. Je ne savais pas que cela deviendrait mon combat. Lorsque je m’engage dans la police c’est par vocation. L’image terrible de cette femme qui, sous mes yeux, se fait battre par son mari et garde le silence a été le déclencheur d’une colère qui ne s’est jamais tue. C’est pour des valeurs que j’ai choisi la police. Tous, hommes, femmes, riches, pauvres, noirs, blancs, dans le même uniforme, avec la même mission. Quelle belle image de l’égalité. Très tôt j’ai découvert l’envers du décor, le sexisme, le racisme, l’homophobie, faits commis par une minorité mais à mes yeux insupportable. Comment mon corps de métier censé protéger la population, venir en aide aux plus faibles, pouvait-il à ce point être injuste? Cela m’a fait écrire mon premier livre, Omerta dans la Police. Non, je ne me tairai pas. Mon combat pour un idéal Républicain est supérieur à n’importe quelle carrière ou promotion. La France, ce pays que j’aime tant, mon pays, patrie des droits de l’Homme n’a pas le droit de fermer les yeux lorsque des individus sont humiliés.

J’ai reçu de nombreux soutiens, de nombreux témoignages qui m’ont permis de continuer la lutte. Car des attaques, j’en ai connu aussi. Violentes, parfois injustifiées, de la part même parfois de ceux que je défendais. Sans le soutien de mes amis et des Français qui m’ont rejoint, j’aurais certainement renoncé.

Mère d’une petite fille de 14 ans qui est ma plus belle réussite, ce combat n’a pas tous les jours été facile. Mais ils étaient là, présents, en nombre, ces soutiens indéfectibles, ces épaules sur lesquelles j’ai pu trouver du réconfort: Franz Olivier Giesbert, Arnaud Montebourg, Fabrice Haccoun, François Bennaceur, Rokhaya Diallo, Beatrice Dubreuil, Olivia Cattan, Patrick Jacquet, Jean-Pierre Sueur, Mourad Zeghidi, Yann Galut, Claude et Mado… Je leur en suis éternellement reconnaissante ainsi qu’à ma famille.
Les inégalités, les injustices, les discriminations sont des causes suffisamment justes pour que l’on ne cesse jamais de se battre pour elles. Je crois que ce combat est mon moteur, ce qui me motive et me donne envie de me lever le matin.
Non je ne suis pas énarque, je n’ai pas les codes, je ne maîtrise ni la langue de bois, ni le politiquement-correct, issue des quartiers populaires du Val de Marne, j’ai grandi en disant toujours ce que je pensais. Dans le milieu médiatique et politique où j’évolue aujourd’hui, je dénote. Je le sais et je ne changerai pas. Je suis avant tout une femme libre. Céder sur ses valeurs c’est travestir son âme.

Militante au Parti Socialiste, j’ai été porte parole d’Arnaud Montebourg pendant les primaires socialistes et puis j’ai activement participé à la campagne de François Hollande. J’ai également été directrice de la communication de la Gauche Forte, pôle au sein du parti socialiste. Comme des millions de Français j’ai vécu le 6 Mai 2012 comme une libération, et comme des millions de Français je suis en attente de résultat. Non pas pour moi-même mais pour ceux qui souffrent et dont les caméras ne s’intéressent pas.

Je m’appelle Sihem Souid, j’ai 35 ans et j’ai pris une mise en disponibilité de la fonction publique pour créer ma société Edile Consulting (ELN Group). En 2006, je suis devenue fonctionnaire au ministère de l’intérieur. Après avoir été détachée comme chargée de mission au ministère de la justice de 2013 à 2015, j’avais réintégré mon ministère d’origine à la Direction des Ressources et des Compétences de la Police Nationale. Je suis également chroniqueuse au Point et sur les radios depuis 2011. Je suis membre du bureau du Centre d’Étude et de Prospective Stratégique (CEPS) et membre de l’association Terrafemina. Je suis également la Présidente d’honneur de l’association SOS fonctionnaire victime.

J’ai décidé de m’investir pleinement dans ma société Edile Consulting.

Sihem Souid


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